Supplique pour Tchernobyl

n° 103 | Fabian Lemaire 
En 1986, la mort rôdait déjà en Ukraine. Elle a gravé des stigmates, dans les âmes, les cœurs et les corps des habitants. Même étouffé sous le silence, un drame laisse toujours des traces.« Tchernobyl : Les Russes ont détruit un laboratoire où étaient entreposés des échantillons radioactifs. » (...)

La bergère romancière

n° 102 | François Ruffin 
La vie des gens du peuple n’est pas contée. Et quand elle l’est, rarement, c’est par d’autres – à travers le courant populiste, par exemple. Sauf quand surviennent des Marguerite, fille de ferme, couturière, et écrivaine…« Un jour, il vint beaucoup de monde chez nous. Les hommes entraient comme dans une église, et les (...)

« Je pensais faire semblant de l’étrangler… »

n° 101 | Anne-Sophie Jacques 
Jacques en faisait des cauchemars, depuis soixante ans, de ses nuits dans la guerre d’Algérie. Il voulait nous parler, pour « libérer sa conscience ». La même chape de plomb qui pèse sur le héros de Laurent Mauvignier, dans Des hommes. Jusqu’à en faire une épave. « N’aie pas peur : je ne suis pas un tortionnaire (...)

Lafesse, le rire et la gauche

n° 100 | François Ruffin 
Dans mon Berlingo, des CD de Lafesse traînaient partout. Les copains faisaient des moues, à moitié de dégoût. Avant d’être conquis par son art du canular.Je voudrais rendre hommage à Lafesse. Oui, Jean‑Yves Lafesse, le mec de Rires et chansons. Je devine votre moue, derrière le papier. Je la connais, cette moue. Dès qu’un copain, (...)

Les grecs avaient tout compris

n° 98 | François Ruffin 
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »... et de la vie, et de la démocratie, pourrait-on ajouter, après Rabelais. Et cela, Eschyle, Platon et les Grecs du Ve siècle avant notre ère, le siècle d’or de la philosophie et de la politique athéniennes, le siècle de Périclès, l’avaient déjà compris, à travers la (...)

Tout Picard que je suis…

n° 97 | François Ruffin 
La colère et le rire, les deux qui se mêlent, qui s’enchevêtrent, voilà qui donne à la Picardie, depuis le Moyen-âge, sa couleur littéraire. Avec une attention, constante, à la langue populaire…Depuis cinq années, Jacques Darras – poète reconnu, prix Apollinaire, prix de l’Académie, etc. – consacre chaque automne une (...)

« Mettre la démocratie de côté »

n° 97 | François Ruffin 
La gestion autoritaire de la crise du Covid ne relève pas – je crois – du hasard : elle s’inscrit dans une histoire. Elle n’est pas le fruit d’une fatalité, mais d’une volonté. Je résume, pille, ici, l’ouvrage de Grégoire Chamayou, La Société ingouvernable, sur la généalogie du « libéralisme autoritaire ». En remontant à (...)

Accoucheurs, assassins !

n° 95 | François Ruffin 
« Alerte Coronavirus. Le lavage fréquent des mains fait partie des gestes barrière pour vous protéger et protéger les autres. » Le premier qui a découvert ça, que se laver les mains évitait les virus, les microbes, les maladies, c’est le Hongrois Philippe Semmelweis, au XIXe siècle. Mais pour son propre malheur, sombrant dans la (...)

Un 14 juillet sans Bastille ?

n° 94 | François Ruffin 
Pourquoi, le jour même du 14 juillet, la Bastille n’est jamais évoquée ? Ni 1789 ? Ni encore la Révolution ? Parce que la bourgeoisie préfère oublier ce péché originel, certes. Mais aussi, surtout, parce que la gauche l’a abandonné, méprisé…« Jé voulais té rémercier parce qué ça fait dix ans que jé souis en (...)

Classiques épidémiques

n° 93 | Cyril Pocréaux  
« J’ai toujours aimé les épidémies. » C’est Gabriel García Márquez qui avouait cela. Et de La Fontaine à Giono, de Boccace à Camus, ces temps particuliers ont inspiré bien des auteurs : l’ordre social est suspendu, la subversion s’épanouit, sexe et mort se côtoient. « J’entends raconter cent nouvelles, fables, (...)