La bergère romancière

n° 102     | François Ruffin
La vie des gens du peuple n’est pas contée. Et quand elle l’est, rarement, c’est par d’autres – à travers le courant populiste, par exemple. Sauf quand surviennent des Marguerite, fille de ferme, couturière, et écrivaine…« Un jour, il vint beaucoup de monde chez nous. Les hommes entraient comme dans une église, et les (...)

« Je pensais faire semblant de l’étrangler… »

n° 101     | Anne-Sophie Jacques
Jacques en faisait des cauchemars, depuis soixante ans, de ses nuits dans la guerre d’Algérie. Il voulait nous parler, pour « libérer sa conscience ». La même chape de plomb qui pèse sur le héros de Laurent Mauvignier, dans Des hommes. Jusqu’à en faire une épave. « N’aie pas peur : je ne suis pas un tortionnaire (...)

Lafesse, le rire et la gauche

n° 100     | François Ruffin
Dans mon Berlingo, des CD de Lafesse traînaient partout. Les copains faisaient des moues, à moitié de dégoût. Avant d’être conquis par son art du canular.Je voudrais rendre hommage à Lafesse. Oui, Jean‑Yves Lafesse, le mec de Rires et chansons. Je devine votre moue, derrière le papier. Je la connais, cette moue. Dès qu’un copain, (...)

Les grecs avaient tout compris

n° 98     | François Ruffin
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »... et de la vie, et de la démocratie, pourrait-on ajouter, après Rabelais. Et cela, Eschyle, Platon et les Grecs du Ve siècle avant notre ère, le siècle d’or de la philosophie et de la politique athéniennes, le siècle de Périclès, l’avaient déjà compris, à travers la (...)

Tout Picard que je suis…

n° 97     | François Ruffin
La colère et le rire, les deux qui se mêlent, qui s’enchevêtrent, voilà qui donne à la Picardie, depuis le Moyen-âge, sa couleur littéraire. Avec une attention, constante, à la langue populaire…Depuis cinq années, Jacques Darras – poète reconnu, prix Apollinaire, prix de l’Académie, etc. – consacre chaque automne une (...)

Notre Noël : deux heures avec Jean Teulé

n° 96     | François Ruffin
C’est mon cadeau de Noël : une rencontre avec Jean Teulé. L’auteur-rêveur de Darling, de Je, François Villon, du Montespan, de Mangez-les si vous voulez… Le photo-bédo-reporter, surtout, de Gens de France, avec dedans le soutien-gorge de Zohra, la soucoupe de Jean-Claude... Découvrant ça à vingt ans, je m’étais dit : « Je (...)

Poésie à l’appel

n° 91     | François Ruffin
On se creusait la tête, pour la carte de vœux du député. Jusqu’à contacter Haydée, qui remplit des petits cahiers et qui a illuminé mon mercredi…« Alors ? Vous avez choisi une citation ? » Ça fait des mois, depuis la rentrée, que Brigitte nous torture : le nouvel an approche, et un député ça doit (...)

Abonnés

Notre part de Magyd

n° 116     | Fabian Lemaire
« Je ferais bien l’article sur Ma part de Gaulois, de Magyd Cherfi. T’en dis quoi ? », m’avait lancé chef, comme ça, l’air de rien. Tu penses ! Bien sûr que j’en dis du bien ! Les frères Cherfi, Zebda, Mouss et Hakim, le Takticollectif et les motivés, Vitécrit, les livres, les films et les albums, et la scène : (...)

Accoucheurs, assassins !

n° 95     | François Ruffin
« Alerte Coronavirus. Le lavage fréquent des mains fait partie des gestes barrière pour vous protéger et protéger les autres. » Le premier qui a découvert ça, que se laver les mains évitait les virus, les microbes, les maladies, c’est le Hongrois Philippe Semmelweis, au XIXe siècle. Mais pour son propre malheur, sombrant dans la (...)

Les vrais premiers de cordée

n° 91     | Cyril Pocréaux
Chroniques sur corde, c’est un peu « l’ordinaire d’un ouvrier dans la France du début du XXIe siècle », nous dit Eric Louis. C’est ça : du malheur, c’est sûr, de la fierté, aussi, ne pas baisser les yeux, mais des moments marrants, malgré tout, au milieu.Quand il est parti de Fakir, où il faisait à peu près tout ce qu’on ne (...)